Depuis le 1er août 2026, le tarif réglementé de vente de l’électricité a progressé de 2,5 % TTC en moyenne. Cette évolution tient à deux éléments imposés au consommateur : le TURPE, c’est-à-dire le tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité, et le mécanisme de capacité, intégré pour la première fois dans le calcul. La baisse de l’accise vient néanmoins en compenser une partie.
C’est la Commission de régulation de l’énergie qui a porté cette proposition dans sa délibération n° 2026-147, publiée à la mi-juillet. Après validation par le gouvernement, les arrêtés tarifaires ont paru au Journal officiel le 29 juillet 2026. Sont concernés les 19,37 millions de clients résidentiels au tarif réglementé comptabilisés au 31 mars 2026 en France métropolitaine continentale, ainsi qu’environ 4 millions de foyers sous une offre indexée sur le TRV.
À retenir : pour un foyer en option Base 6 kVA consommant 4 500 kWh par an, la facture annuelle passe de 1 060,80 € à 1 090,77 €, soit près de 30 € de plus sur l’année. La CRE, qui raisonne sur une facture type moyenne tous consommateurs confondus, chiffre l’impact à environ 26 € TTC par an.
Les chiffres officiels de la hausse du 1er août 2026
La hausse moyenne de 2,5 % TTC ne s’applique pas uniformément. Elle varie selon l’option tarifaire souscrite : +2,6 % en option Base, +2,5 % en heures pleines / heures creuses, +2,5 % en Tempo et +1,90 % en EJP.

Sur l’option Base, la plus répandue, le prix du kWh évolue ainsi :
| Puissance souscrite | Prix du kWh TTC avant le 1er août | Prix du kWh TTC depuis le 1er août | Évolution |
|---|---|---|---|
| 3 et 6 kVA | 0,1940 € | 0,2001 € | +3,1 % |
| Au-delà de 6 kVA | 0,1927 € | 0,1985 € | +3,0 % |
L’abonnement annuel en 6 kVA passe pour sa part de 187,80 € à 190,32 € TTC.
Le prix du kWh progresse donc plus vite que la moyenne annoncée de 2,5 %. Ce n’est pas contradictoire : la hausse moyenne agrège l’ensemble des options tarifaires et des puissances, et intègre l’effet modérateur de la baisse d’accise sur la part fixe. Un abonné en Base 6 kVA subit un mouvement légèrement supérieur à la moyenne.
D’où vient cette augmentation ?
La facture d’électricité ne dépend pas seulement du coût de l’énergie produite. Elle additionne plusieurs briques : l’approvisionnement en électricité, l’acheminement sur les réseaux, les coûts commerciaux, puis les taxes et contributions. La CRE parle d’une méthode par empilement des coûts. Une évolution du réseau peut donc modifier le tarif final, même si le consommateur n’a changé ni de fournisseur, ni d’option, ni de niveau de consommation.
Le TURPE, principal moteur
Le TURPE finance l’utilisation des réseaux publics d’électricité : l’exploitation, l’entretien, le comptage et les investissements nécessaires pour transporter et distribuer l’électricité jusqu’aux logements. Ce coût est intégré dans le prix payé par l’abonné, y compris dans le Tarif Bleu d’EDF. Le client ne reçoit pas de facture séparée pour le réseau.
Dans sa communication du 8 juin 2026, la CRE indiquait que les tarifs TURPE 7 HTA-BT évoluaient en moyenne de +3,04 % au 1er août 2026, et les tarifs HTB liés au transport de +3,34 %. Pour les consommateurs raccordés au réseau de distribution, ces deux hausses ne se cumulent pas : l’évolution du tarif de distribution inclut déjà celle du transport.
Cette hausse de 3,04 % résulte de plusieurs paramètres : une inflation prévisionnelle hors tabac de +1,30 %, un écart d’inflation 2025 de −0,91 %, un coefficient d’évolution annuelle de −0,35 % en distribution et un coefficient d’apurement du CRCP de +3,0 %. Ce dernier point est technique, mais son effet est concret : il corrige les écarts entre les recettes prévues et les recettes réellement perçues par les gestionnaires de réseau. En 2025, la consommation a été inférieure aux prévisions, ce qui a creusé un manque à gagner pour Enedis et RTE.
Le mécanisme de capacité, la nouveauté de 2026
C’est l’élément qui explique l’écart entre les projections publiées au printemps, qui tablaient sur une hausse d’environ 1 %, et le chiffre définitif de 2,5 %. Les premières estimations ne tenaient compte que du TURPE.
Le mécanisme de capacité existe depuis 2017. Il oblige les fournisseurs à prouver qu’ils pourront alimenter leurs clients pendant les pics de consommation hivernaux, en achetant des garanties de capacité. Ce coût est désormais intégré directement dans la formule de construction du tarif réglementé, ce qui n’était pas le cas auparavant.
La baisse de l’accise, effet amortisseur
Conformément à la loi de finances pour 2026, l’accise sur l’électricité diminue au 1er août pour les clients dont la puissance souscrite est inférieure ou égale à 36 kVA : elle passe de 30,85 €/MWh à 30,62 €/MWh. Sans cette baisse, la hausse aurait été plus marquée.
Au total, le niveau moyen des tarifs réglementés est relevé de 5,98 € TTC par mégawattheure.
Le contexte post-ARENH depuis janvier 2026
Depuis le 1er janvier 2026, le calcul du tarif réglementé s’inscrit dans un contexte différent, avec la fin de l’ARENH au 31 décembre 2025. Les fournisseurs réalisent désormais la totalité de leur approvisionnement sur les marchés ou à partir de leurs propres moyens de production. Ce changement modifie la construction économique du TRV, sans se traduire automatiquement par une hausse immédiate pour tous les clients.
La mise en perspective est utile. En février 2025, les tarifs réglementés avaient baissé de 15 % TTC en moyenne. En août 2025, le mouvement avait été beaucoup plus limité. En février 2026, la CRE avait proposé une baisse moyenne de 0,83 % TTC. La hausse d’août 2026 met donc fin à dix-huit mois de détente, mais reste sans commune mesure avec les mouvements observés pendant la crise énergétique.
Remarque utile : ni le TURPE ni le mécanisme de capacité ne rémunèrent la production d’électricité. Ils financent l’acheminement et la sécurité d’approvisionnement. C’est pour cette raison qu’une stabilité des prix de marché ne suffit pas à neutraliser une évolution de facture. Ce sont aussi deux postes identiques chez tous les fournisseurs : changer de contrat ne permet pas d’y échapper, seule la part fourniture est négociable.
Ce que cela représente concrètement sur votre facture
Prenons le profil le plus courant : option Base, 6 kVA, 4 500 kWh par an. Le calcul est volontairement transparent, abonnement annuel plus consommation au prix du kWh.
| Poste | Avant le 1er août 2026 | Depuis le 1er août 2026 |
|---|---|---|
| Abonnement annuel TTC | 187,80 € | 190,32 € |
| Consommation (4 500 kWh) | 873,00 € | 900,45 € |
| Facture annuelle TTC | 1 060,80 € | 1 090,77 € |
| Écart | +29,97 € par an, soit +2,83 % | |
De son côté, la CRE retient une facture type de 4,5 MWh par an passant de 1 046 € à 1 072 € TTC, soit environ 26 € de plus. L’écart avec notre calcul n’est pas une erreur : la CRE raisonne sur une facture moyenne tous consommateurs confondus, toutes options et toutes puissances mélangées, tandis que le calcul ci-dessus applique la grille précise de l’option Base en 6 kVA.
Conseil de lecture : ne comparez pas uniquement le prix du kWh. Votre facture dépend aussi de l’abonnement, de la puissance souscrite et, en heures creuses, de la part de consommation réellement déplacée sur les bonnes plages horaires.
Deux évolutions discrètes qu’il ne fallait pas manquer
La même délibération porte deux évolutions dont la couverture presse n’a quasiment pas parlé, et qui peuvent peser plus lourd que le pourcentage pour les foyers concernés.
L’option heures pleines / heures creuses est désormais accessible dès 3 kVA, contre 6 kVA jusqu’ici. Les très petits compteurs, longtemps cantonnés à l’option Base, peuvent maintenant y basculer. Le calcul reste à faire au cas par cas : en 3 kVA, les volumes déplaçables sont faibles, et l’écart d’abonnement peut annuler le gain.
L’abonnement Tempo est maintenant différencié entre les puissances 24 et 30 kVA. Le changement ne concerne qu’une minorité d’abonnés, mais il s’agit de gros consommateurs pour qui la facture n’est pas anecdotique.
Comment atténuer cette hausse sur votre budget
La première action consiste à relire la structure de sa facture. Dans le profil ci-dessus, l’abonnement représente 190,32 € et la consommation 900,45 €. Une remise de 5 % sur le seul prix du kWh représenterait environ 45 € d’économie annuelle, soit une fois et demie le surcoût de la hausse d’août.
Comparer les offres peut donc être utile, à condition de regarder la mécanique du contrat. Un prix indexé sur le TRV suivra les mouvements du tarif réglementé. Un prix fixe protège de la part fourniture, mais seulement pendant la durée prévue, et il ne fige ni les taxes ni l’acheminement, qui continuent d’évoluer.
L’option heures pleines / heures creuses mérite aussi un calcul, mais un calcul actualisé. Enedis réforme progressivement les plages horaires depuis novembre 2025 : les heures creuses restent au nombre de huit par jour, désormais réparties entre une plage nocturne et une plage en milieu de journée, pour mieux absorber la production solaire. Une simulation faite sur d’anciens horaires n’a plus de valeur. Vérifiez vos plages effectives dans votre espace client avant de trancher.
Ce que vous verrez sur votre prélèvement de rentrée
La hausse d’août arrive maintenant sur les factures, et les fournisseurs recalculent les échéanciers en septembre. Une mensualité qui grimpe à cette période n’est pas nécessairement une erreur : elle combine le nouveau tarif et, souvent, une réestimation de la consommation annuelle de référence avant l’hiver.
Avant de contester, vérifiez trois choses : le tarif appliqué correspond-il bien à votre option, la consommation de référence retenue est-elle cohérente avec votre historique, et votre dernier index est-il un relevé réel ou une estimation. Vous pouvez demander un ajustement de mensualité à tout moment, en gardant à l’esprit qu’une mensualité trop basse se rattrape sur la régularisation annuelle.
Questions fréquentes
Quelle est la hausse du tarif réglementé de l’électricité au 1er août 2026 ?
Le tarif réglementé de vente de l’électricité a augmenté de 2,5 % TTC en moyenne au 1er août 2026, selon la délibération n° 2026-147 de la CRE, dont les décisions tarifaires ont été publiées au Journal officiel du 29 juillet. La hausse varie selon l’option : +2,6 % en Base, +2,5 % en heures creuses et en Tempo, +1,90 % en EJP.
Quel est le prix du kWh depuis août 2026 ?
En option Base, le prix du kWh est de 0,2001 € TTC pour les puissances 3 et 6 kVA, contre 0,1940 € auparavant. Au-delà de 6 kVA, il s’établit à 0,1985 € TTC. L’abonnement annuel en 6 kVA passe de 187,80 € à 190,32 €.
Pourquoi ma facture augmente si je ne consomme pas plus ?
La facture intègre le coût d’acheminement de l’électricité et, depuis cette révision, celui de la sécurité d’approvisionnement. Le TURPE finance les réseaux publics, le mécanisme de capacité garantit la fourniture pendant les pics hivernaux. Quand ces composantes progressent, elles se répercutent sur le tarif final, indépendamment de votre consommation.
Pourquoi certains articles annonçaient-ils une hausse d’environ 1 % ?
Les projections publiées au printemps 2026 ne tenaient compte que de la hausse du TURPE de 3,04 %. L’intégration du mécanisme de capacité dans la formule de calcul, actée par la délibération de juillet, a porté le mouvement à 2,5 % TTC en moyenne, la baisse de l’accise en atténuant une partie.
Peut-on éviter l’augmentation du TRV ?
Pas si votre contrat suit directement le tarif réglementé, ni pour les composantes acheminement et taxes, identiques chez tous les fournisseurs. Vous pouvez en revanche agir sur la part fourniture en comparant les offres de marché, vérifier l’intérêt réel de l’option heures creuses au regard de vos nouvelles plages horaires, et ajuster votre puissance souscrite si elle est surdimensionnée.
Mise à jour du 1er septembre 2026 : cet article avait été publié avant la délibération de juillet, sur la base de la seule projection TURPE qui circulait alors et annonçait une hausse d’environ 1 % TTC. Il a été entièrement recalculé après la publication des décisions tarifaires au Journal officiel du 29 juillet 2026.



